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Entre Jouy-le-Moutier et Neuville, quatre ponts se sont succédé sur l'Oise en un siècle et demi, pour relier les deux communes.

De l'époque du bac à celui du premier pont suspendu inauguré en 1839, puis à celui, 100 ans plus tard, du pont en béton ouvert au public en 1939 et détruit en 1940, remplacé longtemps par une passerelle, puis enfin le pont que nous connaissons aujourd'hui, inauguré après maints incidents en 1974, voici l'épopée d'un pont sur l'eau qui rythme depuis un siècle et demi la vie de Neuville et de ses habitants.

Bien avant la construction en 1839 du premier pont reliant Neuville à Jouy-le-Moutier, se développaient en bordure d'Oise de nombreuses activités. Les rivières offrent souvent, au regard des documents anciens, et en particulier des gravures, un aspect bucolique qui n'est pas totalement dénué de fondement. C'est le cas pour l'Oise.

Un monde vivant

Les femmes y lavaient le linge et venaient y puiser l'eau avec des seaux pour leur usage personnel.

A Neuville, on utilisa longtemps l'eau de l'Oise pour cuire les légumes, tant l'eau des puits était calcaire et malgré les impuretés qu'elle renfermait, les immondices et les bêtes mortes que les habitants du cours supérieur ainsi que les mariniers ne se faisaient pas faute de jeter.

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Dans l'Oise, et de Beaumont à Éragny en passant par Pontoise et Neuville, on rouissait le chanvre et le lin à l'aide de fagots sur lesquels on posait de grosses pierres destinées à les maintenir au fond de la rivière. La rivière se trouvait ainsi, d'un côté et d'autre, encombrée par les chanvres et les lin des riverains. Le travail achevé, les pierres et pavés demeuraient au fond de l'eau et devenaient par leur grosseur énorme, un danger redouté par les mariniers pour le fond des bateaux qui y circulaient.

Les enfants, souvent, menaient les bêtes boire dans l'Oise malgré les dangers encourus et les hommes y pêchaient, mais de façon très réglementée, car le droit de pêche était un monopole seigneurial acquis avec la seigneurie de Neuville.

Parfois le seigneur pouvait consentir bail à quelques pêcheurs mais pour des prises déterminées, par le moyen précis de la raie et de l'échiquier (sortes de filets), avec formelle interdiction de pêcher le gros poisson.

Comme la rivière était très poissonneuse, remplie de délicieux poissons d'eau douce : l'anguille, la carpe, le gardon, le barbillon, la chevesne ou meunier, la brême, le gard ou vaudoise, le goujon, la perche et le brochet, les contrevenants étaient nombreux et les condamnations tout autant. On relate qu'en 1777, le garde de la maîtrise des Eaux et Forêts, en même temps garde-pêche, surprenant deux pêcheurs de Neuville jetant leurs filets sans y être autorisés, les interpelle et les verbalise.

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